DISPENDIEUX, LES FONDS DE FONDS MÉRITENT LE COUP D'OEIL

Plusieurs conseillers considèrent les fonds de fonds comme une façon simple et sans soucis d’investir l’argent de leurs clients. Les ventes phénoménales le prouvent, mais ces comptes intégrés sont-ils la meilleure façon de faire? Voilà la question que Dan Hallet a posée récemment lors de la Conférence sur l’investissement de Morningstar Canada.

Lors de sa présentation, le président de Dan Hallet & Associates a mentionné que les fonds de fonds peuvent être une solution clé en main très pratique. « Il y a une forte croissance à deux chiffres », disait-il à l’assistance. « Cela vous permet de libérer du temps et vous aide à servir les clients qui ont de plus petits comptes plus efficacement. »

Comme les fonds de fonds investissent dans plusieurs fonds communs de placement, la diversification va de soi. Voilà un autre avantage. Selon M. Hallet, un portefeuille qui contient des obligations canadiennes et étrangères devrait compter 30 % d’actions canadiennes, 15 % d’actions américaines, 15 % d’actions internationales, 35 % d’obligations, dont le tiers à l'international et 5 % de comptant.

Mais c’est l’aspect comportemental de cette stratégie d’investissement qui retient l’attention de M. Hallet. En effet, les investisseurs qui laissent leur portefeuille tranquille – ce qui est courant avec les fonds de fonds – tendent à faire mieux que ceux qui chambardent constamment leurs investissements. « Vouloir et faire trop de changements est souvent un dépréciateur de rendement ».

Selon M. Hallett, les fonds de fonds sont à leur meilleur pour de petits portefeuilles – moins de 50 000$ - et devraient compter pour la presque totalité de ceux-ci.

Ceci étant dit, le conférencier a exprimé certaines réserves face à ces portefeuilles préfabriqués. « Je n’en suis pas un grand adepte », confie-t-il. « La plupart du temps, un bon fonds équilibré diversifié peut aussi bien faire, et même peut-être mieux qu’un fonds de fonds. C’est moins complexe et dans plusieurs cas, moins dispendieux. »

Le ratio des frais de gestion (RFG) des fonds de fonds est trop élevé, déplore-t-il, les produits plus dynamiques chargent une prime de 60 points de base (pdb). Les fonds de fonds pour les investisseurs prudents chargent tout de même une prime de 20 pdb. Dans une situation peu commune, il a même trouvé les Portefeuilles Artisan chargent une prime de 60 pdb pour ses produits plus prudents, alors que ses fonds plus dynamiques montrent une plus basse prime.
« C’est bizarre car, plus prudent est le mandat, moins la possibilité qu’il ajoute de la valeur est grande », poursuit-il, ajoutant que cela démontre que les conseillers doivent bien rechercher ce qui existe sur le marché avant d’opter pour un fonds de fonds.

En plus des frais, le conseiller doit aussi savoir combien de fonds le portefeuille contient. N’importe quoi au-dessus de sept devrait éveiller vos soupçons.
« Privilégier une liste serrée de fonds », conseille-t-il. « Moins c’est plus ».

Environ la moitié des fonds de fonds sont composés de plus de 10 fonds, cela va de trois fonds pour TD à 19 pour Keystone. Pour ce qui est des fonds de fonds mondiaux, plus de 60 % sont composés d’au moins 10 fonds.

La fréquence du rééquilibrage est un autre facteur à ne pas négliger. La plupart des fonds de fonds promeuvent le fait qu’ils procèdent au rééquilibrage trimestriellement ou même semestriellement, mais cela est trop, affirme M. Hallet. Selon lui, les fonds de fonds devraient être rééquilibrés au plus une fois par année, mais idéalement à chaque deux ans.

Procédé ainsi permettra d'éviter ce qu'il appelle une dilution de performance. « Les gens ont trop de fonds dans leur portefeuille », poursuit-il. « Pensez à l'industrie, les catégories de l'IFIC, comme un seul portefeuille géant. Dans ce contexte, cela commence à devenir clair que cette liste gonflée de produits ressemblerait beaucoup à un indice, sans toutefois charger des frais similaires aux indices. »

Alors que les frais et le nombre de fonds sont des facteurs importants, il est tout aussi capital de trouver une société dont le questionnaire est clair. « Vous voulez qu'il soit étoffé », explique-t-il. « La plupart de ceux que je vois ne demandent pas une cible de rendement, mais des trucs plus qualitatifs. » Selon lui, la plupart des fonds de fonds portent attention au risque par opposition au rendement.

Étant donné qu'il voit des failles dans la plupart des questionnaires - et dans plusieurs autres aspects des fonds de fonds - Dan Hallet croit qu'il peut être difficile de trouver la gamme de produit idéale à offrir à ses clients. « Mais si cela existe, vous devrez savoir ce que vous recherchez ».


source: www.conseiller.ca
29 juin 2007 | Bryan Borzykowski


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